Les orgues de Paris
ORGUES DE PARIS 2.0 © 2021 Vincent Hildebrandt ACCUEIL LES ORGUES

Opéra Garnier

Place de l'opéra, 75009 Paris

1875 - Cavaillé-Coll

1925 - Convers

II/18 (14) - traction mécanique - composition

(Muet)

Beaucoup ignorent que l’Opéra de Paris possède un instrument construit par Cavaillé-Coll en 1874. Ce dernier est totalement invisible aux yeux du grand public puisqu’il est situé côté Cour au niveau de l’avant-scène avec des tuyaux à 12 mètres de hauteur. Il s’agit d’un orgue de 14 jeux (sans compter 4 emprunts à la pédale) répartis sur deux claviers de 56 notes et d’un pédalier de 30 notes entièrement fermé dans une boite expressive. L’inauguration a lieu le 8 janvier 1875 avec la représentation de la « Juive » de Fromental Halévy. Dès ce moment, l’orgue fut utilisé de façon régulière au gré des représentations d’œuvres requérant son usage. Cependant, l’instrument eu à souffrir rapidement de la poussière provoquée par le montage des décors sur la scène ainsi que des écarts de températures très grands. Un premier cri d’alerte lancé en 1893 par Cavaillé-Coll lui-même qui remarque que son instrument n’a jamais été dépoussiéré. Par la suite, l’état de l’orgue se détériore encore, certains jeux souffrent d’une perte de qualité de leur timbre, si bien que Cavaillé considéra l’orgue « en état de délabrement » en 1894 ! En 1925, suite à une fuite dans la colonne d’eau du service incendie, l’orgue fut inondé et mis hors de service. Suite à cet incident, la maison Cavaillé-Coll / Convers fut appelée à effectuer une restauration de l’instrument qui fut gratifiée de quelques modifications, a plus importante étant l’installation d’ un ventilateur électrique, installé dans une pièce séparée située sous l’orgue. Cet instrument fut utilisé pour la dernière fois le 23 mars 1959 pour célébrer le centenaire de la création de Faust par Charles Gounod. Les claviers sont tenus par l'organiste André Marchal. Il le joua encore occasionnellement en 1964. Depuis 1974, l'orgue est devenu injouable et subit les malversations visibles, surtout à la console. En revanche, la tuyauterie d'origine subsiste intacte. Cet orgue est conservé dans son emplacement d'origine voulu par son constructeur, ce qui est unique dans son genre. Informations de Timothy Tikker (facebook): L’orgue était sur la pression du vent de 8’’ et 10’’, et je crois l’orgue n’avait pas de levier pneumatique. Les fortes pressions étaient principalement parce que l’orgue a été placé loin en coulisses - les orgues de cinéma placés dans les coulisses ayant aussi peu de rangs par rapport à la taille de la salle utilisaient ces mêmes pressions. La console était située avec les tuyaux, Cavaillé-Coll faisant remarquer que l’orgue a été conçu pour le plaisir du public, pas de l’organiste! Le joueur pouvait voir le chef d’orchestre à l’aide d’une série de miroirs soigneusement placés. Il est question de sa restauration depuis 2012.
Cet opéra a été appelé « opéra de Paris » jusqu'en 1989, date à laquelle l'ouverture de l'opéra Bastille, également opéra de Paris, a influé sur son appellation. On le désigne désormais par le seul nom de son architecte : « opéra Garnier » ou « palais Garnier ». Les deux opéras sont aujourd'hui regroupés au sein de l'établissement public à caractère industriel et commercial « Opéra national de Paris », institution publique française dont la mission est de mettre en œuvre la représentation de spectacles lyriques ou de ballet, de haute qualité artistique. Sur une conception de l’architecte Charles Garnier retenue à la suite d’un concours, sa construction, décidée par Napoléon III dans le cadre des transformations de Paris menées par le préfet Haussmann a été interrompue par la guerre de 1870 et fut reprise au début de la Troisième République, après la destruction par incendie de l’opéra Le Peletier en 1873. Le bâtiment a été inauguré le 5 janvier 1875 par le président Mac Mahon sous la IIIe République.
L’enregistrement S'il est devenu injouable depuis 1974, une poignée d'enregistrements en gardent la trace sonore. Le plus célèbre d'entre eux est le Faust enregistré en 1953 sous la baguette d'André Cluytens (Emi) : cet orgue qui résonne au début de l'acte IV (à 1 :42 :30), alors que Marguerite (Victoria de Los Angeles) s'agenouille à l'église pour prier, cet orgue qui soutient de sa « clameur » tantôt les anathèmes lancés par Méphistophélès (Boris Christoff), tantôt le « chant pieux » du chœur, cet orgue qui, cette fois ne terrifie plus mais rayonne en majesté pour l'apothéose finale (« Christ est ressuscité ! »), c'est lui, c'est notre glorieux fantôme ! Organiste : Henriette Puig-Roget Source: Xavier Lebrun (facebook)/ www.diapasonmag.fr/histoire/le-vrai-fantome-de-l- opera-32600
Les orgues de Paris

Opéra Garnier

Place de l'opéra, 75009 Paris

1875 - Cavaillé-Coll

1925 - Convers

II/18 (14) - traction mécanique -

composition

(Muet)

ORGUES DE PARIS © 2021 Vincent Hildebrandt LES ORGUES
Beaucoup ignorent que l’Opéra de Paris possède un instrument construit par Cavaillé-Coll en 1874. Ce dernier est totalement invisible aux yeux du grand public puisqu’il est situé côté Cour au niveau de l’avant-scène avec des tuyaux à 12 mètres de hauteur. Il s’agit d’un orgue de 14 jeux (sans compter 4 emprunts à la pédale) répartis sur deux claviers de 56 notes et d’un pédalier de 30 notes entièrement fermé dans une boite expressive. L’inauguration a lieu le 8 janvier 1875 avec la représentation de la « Juive » de Fromental Halévy. Dès ce moment, l’orgue fut utilisé de façon régulière au gré des représentations d’œuvres requérant son usage. Cependant, l’instrument eu à souffrir rapidement de la poussière provoquée par le montage des décors sur la scène ainsi que des écarts de températures très grands. Un premier cri d’alerte lancé en 1893 par Cavaillé-Coll lui-même qui remarque que son instrument n’a jamais été dépoussiéré. Par la suite, l’état de l’orgue se détériore encore, certains jeux souffrent d’une perte de qualité de leur timbre, si bien que Cavaillé considéra l’orgue « en état de délabrement » en 1894 ! En 1925, suite à une fuite dans la colonne d’eau du service incendie, l’orgue fut inondé et mis hors de service. Suite à cet incident, la maison Cavaillé-Coll / Convers fut appelée à effectuer une restauration de l’instrument qui fut gratifiée de quelques modifications, a plus importante étant l’installation d’ un ventilateur électrique, installé dans une pièce séparée située sous l’orgue. Cet instrument fut utilisé pour la dernière fois le 23 mars 1959 pour célébrer le centenaire de la création de Faust par Charles Gounod. Les claviers sont tenus par l'organiste André Marchal. Il le joua encore occasionnellement en 1964. Depuis 1974, l'orgue est devenu injouable et subit les malversations visibles, surtout à la console. En revanche, la tuyauterie d'origine subsiste intacte. Cet orgue est conservé dans son emplacement d'origine voulu par son constructeur, ce qui est unique dans son genre. Informations de Timothy Tikker (facebook): L’orgue était sur la pression du vent de 8’’ et 10’’, et je crois l’orgue n’avait pas de levier pneumatique. Les fortes pressions étaient principalement parce que l’orgue a été placé loin en coulisses - les orgues de cinéma placés dans les coulisses ayant aussi peu de rangs par rapport à la taille de la salle utilisaient ces mêmes pressions. La console était située avec les tuyaux, Cavaillé-Coll faisant remarquer que l’orgue a été conçu pour le plaisir du public, pas de l’organiste! Le joueur pouvait voir le chef d’orchestre à l’aide d’une série de miroirs soigneusement placés. Il est question de sa restauration depuis 2012.
L’enregistrement S'il est devenu injouable depuis 1974, une poignée d'enregistrements en gardent la trace sonore. Le plus célèbre d'entre eux est le Faust enregistré en 1953 sous la baguette d'André Cluytens (Emi) : cet orgue qui résonne au début de l'acte IV (à 1 :42 :30), alors que Marguerite (Victoria de Los Angeles) s'agenouille à l'église pour prier, cet orgue qui soutient de sa « clameur » tantôt les anathèmes lancés par Méphistophélès (Boris Christoff), tantôt le « chant pieux » du chœur, cet orgue qui, cette fois ne terrifie plus mais rayonne en majesté pour l'apothéose finale (« Christ est ressuscité ! »), c'est lui, c'est notre glorieux fantôme ! Organiste : Henriette Puig-Roget Source: Xavier Lebrun (facebook)/ www.diapasonmag.fr/histoire/le-vrai-fantome-de-l- opera-32600