E6Beaucoup ignorent que l’Opéra de Paris possède un instrument construit par Cavaillé-Coll en 1874.Ce dernier est totalement invisible aux yeux du grand public puisqu’il est situé côté Cour au niveau de l’avant-scène avec des tuyaux à 12 mètres de hauteur. Il s’agit d’un orgue de 14 jeux (sans compter 4 emprunts à la pédale) répartis sur deux claviers de 56 notes et d’un pédalier de 30 notes entièrement fermé dans une boite expressive. L’inauguration a lieu le 8 janvier 1875 avec la représentation de la « Juive » de Fromental Halévy. Dès ce moment, l’orgue fut utilisé de façon régulière au gré des représentations d’œuvres requérant son usage. Cependant, l’instrument eu à souffrir rapidement de la poussière provoquée par le montage des décors sur la scène ainsi que des écarts de températures très grands. Un premier cri d’alerte lancé en 1893 par Cavaillé-Coll lui-même qui remarque que son instrument n’a jamais été dépoussiéré. Par la suite, l’état de l’orgue se détériore encore, certains jeux souffrent d’une perte de qualité de leur timbre, si bien que Cavaillé considéra l’orgue « en état de délabrement » en 1894! En 1925, suite à une fuite dans la colonne d’eau du service incendie, l’orgue fut inondé et mis hors de service. Suite à cet incident, la maison Cavaillé-Coll / Convers fut appelée à effectuer une restauration de l’instrument qui fut gratifiée de quelques modifications, a plus importante étant l’installation d’ un ventilateur électrique, installé dans une pièce séparée située sous l’orgue.Cet instrument fut utilisé pour la dernière fois le 23 mars 1959 pour célébrer le centenaire de la création de Faust par Charles Gounod. Les claviers sont tenus par l'organiste André Marchal. Il le joua encore occasionnellement en 1964. Depuis 1974, l'orgue est devenu injouable et subit les malversations visibles, surtout à la console. En revanche, la tuyauterie d'origine subsiste intacte. Cet orgue est conservé dans son emplacement d'origine voulu par son constructeur, ce qui est unique dans son genre.En 2026, dans le cadre des travaux de restauration de la scène de l’opéra, l’orgue est démonté et stocké à l’Opéra Bastille ‘en attendant sa restauration et son remontage dans un lieu encore non défini’.Informations de Timothy Tikker (facebook):Cet orgue est unique en ce que l’ensemble de l’instrument est enfermé dans une boîte expressive… y compris la console !Il fonctionnait avec des pressions de vent de 8" et 10" (150 mm (6") pour les jeux de fond, 220 mm (près de 8,75") pour les anches), et je crois qu’il ne disposait pas de machine Barker pour l’action (mécanique) des claviers. Ces pressions élevées s’expliquent surtout par le fait que l’orgue était placé loin en fond de scène — les orgues de cinéma installés en chambre et comportant relativement peu de jeux par rapport à la taille de la salle utilisaient des pressions comparables. La console se trouvait à l’intérieur de la boîte expressive, Cavaillé-Coll faisant remarquer que l’orgue était conçu pour le plaisir du public, et non de l’organiste ! L’exécutant pouvait voir le chef d’orchestre grâce à une série de miroirs soigneusement disposés.Il est question de sa restauration depuis 2012.THE PARIS OPERA'S CAVAILLE-COLL ORGAN Rollin Smith, The American organist
Cet opéra a été appelé « opéra de Paris » jusqu'en 1989, date à laquelle l'ouverture de l'opéra Bastille, également opéra de Paris, a influé sur son appellation. On le désigne désormais par le seul nom de son architecte : « opéra Garnier » ou « palais Garnier ». Les deux opéras sont aujourd'hui regroupés au sein de l'établissement public à caractère industriel et commercial « Opéra national de Paris », institution publique française dont la mission est de mettre en œuvre la représentation de spectacles lyriques ou de ballet, de haute qualité artistique. Sur une conception de l’architecte Charles Garnier retenue à la suite d’un concours, sa construction, décidée par Napoléon III dans le cadre des transformations de Paris menées par le préfet Haussmann a été interrompue par la guerre de 1870 et fut reprise au début de la Troisième République, après la destruction par incendie de l’opéra Le Peletier en 1873. Le bâtiment a été inauguré le 5 janvier 1875 par le président Mac Mahon sous la IIIe République.
L’enregistrementS'il est devenu injouable depuis 1974, une poignée d'enregistrements en gardent la trace sonore. Le plus célèbre d'entre eux est le Faust enregistré en 1953 sous la baguette d'André Cluytens (Emi) : cet orgue qui résonne au début de l'acte IV, alors que Marguerite (Victoria de Los Angeles) s'agenouille à l'église pour prier, cet orgue qui soutient de sa « clameur » tantôt les anathèmes lancés par Méphistophélès (Boris Christoff), tantôt le « chant pieux » du chœur, cet orgue qui, cette fois ne terrifie plus mais rayonne en majesté pour l'apothéose finale (« Christ est ressuscité ! »), c'est lui, c'est notre glorieux fantôme !Organiste : Henriette Puig-Roget Source: Xavier Lebrun (facebook)/www.diapasonmag.fr/histoire/le-vrai-fantome-de-l-opera-32600
E6Beaucoup ignorent que l’Opéra de Paris possède un instrument construit par Cavaillé-Coll en 1874.Ce dernier est totalement invisible aux yeux du grand public puisqu’il est situé côté Cour au niveau de l’avant-scène avec des tuyaux à 12 mètres de hauteur. Il s’agit d’un orgue de 14 jeux (sans compter 4 emprunts à la pédale) répartis sur deux claviers de 56 notes et d’un pédalier de 30 notes entièrement fermé dans une boite expressive. L’inauguration a lieu le 8 janvier 1875 avec la représentation de la « Juive » de Fromental Halévy. Dès ce moment, l’orgue fut utilisé de façon régulière au gré des représentations d’œuvres requérant son usage. Cependant, l’instrument eu à souffrir rapidement de la poussière provoquée par le montage des décors sur la scène ainsi que des écarts de températures très grands. Un premier cri d’alerte lancé en 1893 par Cavaillé-Coll lui-même qui remarque que son instrument n’a jamais été dépoussiéré. Par la suite, l’état de l’orgue se détériore encore, certains jeux souffrent d’une perte de qualité de leur timbre, si bien que Cavaillé considéra l’orgue « en état de délabrement » en 1894! En 1925, suite à une fuite dans la colonne d’eau du service incendie, l’orgue fut inondé et mis hors de service. Suite à cet incident, la maison Cavaillé-Coll / Convers fut appelée à effectuer une restauration de l’instrument qui fut gratifiée de quelques modifications, a plus importante étant l’installation d’ un ventilateur électrique, installé dans une pièce séparée située sous l’orgue.Cet instrument fut utilisé pour la dernière fois le 23 mars 1959 pour célébrer le centenaire de la création de Faust par Charles Gounod. Les claviers sont tenus par l'organiste André Marchal. Il le joua encore occasionnellement en 1964. Depuis 1974, l'orgue est devenu injouable et subit les malversations visibles, surtout à la console. En revanche, la tuyauterie d'origine subsiste intacte. Cet orgue est conservé dans son emplacement d'origine voulu par son constructeur, ce qui est unique dans son genre.En 2026, dans le cadre des travaux de restauration de la scène de l’opéra, l’orgue est démonté et stocké à l’Opéra Bastille ‘en attendant sa restauration et son remontage dans un lieu encore non défini’.Informations de Timothy Tikker (facebook):Cet orgue est unique en ce que l’ensemble de l’instrument est enfermé dans une boîte expressive… y compris la console !Il fonctionnait avec des pressions de vent de 8" et 10" (150 mm (6") pour les jeux de fond, 220 mm (près de 8,75") pour les anches), et je crois qu’il ne disposait pas de machine Barker pour l’action (mécanique) des claviers. Ces pressions élevées s’expliquent surtout par le fait que l’orgue était placé loin en fond de scène — les orgues de cinéma installés en chambre et comportant relativement peu de jeux par rapport à la taille de la salle utilisaient des pressions comparables. La console se trouvait à l’intérieur de la boîte expressive, Cavaillé-Coll faisant remarquer que l’orgue était conçu pour le plaisir du public, et non de l’organiste ! L’exécutant pouvait voir le chef d’orchestre grâce à une série de miroirs soigneusement disposés.Il est question de sa restauration depuis 2012.THE PARIS OPERA'S CAVAILLE-COLL ORGAN Rollin Smith, The American organist
L’enregistrementS'il est devenu injouable depuis 1974, une poignée d'enregistrements en gardent la trace sonore. Le plus célèbre d'entre eux est le Faust enregistré en 1953 sous la baguette d'André Cluytens (Emi) : cet orgue qui résonne au début de l'acte IV, alors que Marguerite (Victoria de Los Angeles) s'agenouille à l'église pour prier, cet orgue qui soutient de sa « clameur » tantôt les anathèmes lancés par Méphistophélès (Boris Christoff), tantôt le « chant pieux » du chœur, cet orgue qui, cette fois ne terrifie plus mais rayonne en majesté pour l'apothéose finale (« Christ est ressuscité ! »), c'est lui, c'est notre glorieux fantôme !Organiste : Henriette Puig-Roget Source: Xavier Lebrun (facebook)/www.diapasonmag.fr/histoire/le-vrai-fantome-de-l-opera-32600